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{POESIE} Oeuvres des grands poètes de ce monde

Lieux d'expression pour tous, le café des arts héberge vos créations (Poésie, dessins, histoires...). Attention, rien ne doit porter sur Harry Potter !

Re: {POESIE} oeuvres des grands poètes de ce monde

Messagepar Jinx Quill » 31 Juil 2012, 18:18

Quel poème ! :twisted:
La pauvre femme lorsqu'elle a dû se reconnaître, a surement regretté ses paroles !
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Re: {POESIE} oeuvres des grands poètes de ce monde

Messagepar Lilyrose » 09 Sep 2012, 13:20

Old Meg she was a Gipsy
And liv'd upon the Moors;
Her bed it was the brown heath turf,
And her house was out of doors.
Her apples were swart blackberries,
Her currants pods o'Broom,
Her wine was dew o' the wild white rose,
Her book a churchyard tomb.
Her brothers were the craggy hills,
Her Sisters larchen trees -
Alone with her great family
She liv'd as she did please.
No Breakfast had she many a morn,
No dinner many a noon;
And 'stead of supper she would stare
Full hard against the Moon.
But every Morn, of wood bine fresh
She made her garlanding;
And every night the dark glen Yew
She wove and she would sing.
And with her fingers old and brown
She plaited Mats o' Rushes,
And gave them to the Cottagers
She met among the Bushes.
Old Meg was brave as Margaret Queen
And tall as Amazon:
An old red blanket cloak she wore
A chip hat had she on -
God rest her aged bones somewhere
She died full long agone!


John Keats, "Old Meg she was a Gipsy"
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Re: {POESIE} oeuvres des grands poètes de ce monde

Messagepar Lilyrose » 15 Sep 2012, 20:56

Grand Corps Malade - J'ai pas les mots

Il est de ces événements qui sortent tout le reste de nos pensées,
Certaines circonstances qui nous stoppent nette dans notre lancée,
Il est de ces réalités qu'on n'était pas prêt à recevoir,
Et qui rendent toute tentative de bien-être illusoire.

J'ai pas les mots pour exprimer la puissance de la douleur,
J'ai lu au fond de tes yeux ce que signifiait le mot malheur,
C'est un souvenir glacial, comme ce soir de décembre,
Où tes espoirs brulant ont laissé place à des cendres.

J'ai pas trouvé les mots pour expliquer l'inexplicable,
J'ai pas trouvé les mots pour consoler l'inconsolable,
Je n'ai trouvé que ma main pour poser sur ton épaule,
Attendant que les lendemains se dépêchent de jouer leur rôle.

J'ai pas les phrases miracles qui pourraient soulager ta peine,
Aucune formule magique parmi ces mots qui saignent,
Je n'ai trouvé que ma présence pour t'aider à souffrir,
Et constater dans ce silence que ta tristesse m'a fait grandir.

J'ai pas trouvé le remède pour réparer un cœoeur brisé,
Il faudra tellement de temps avant qu'il puisse cicatriser,
Avoir vécu avec elle et apprendre à survivre sans,
Elle avait écrit quelque part que tu verserais des larmes de sang.

Tu as su rester debout et je t'admire de ton courage,
Tu avances la tête haute et tu traverses cet orage,
A coté de ton épreuve, tout me semble dérisoire,
Tout comme ces mots qui pleuvent que j'écris sans espoir.

Pourtant les saisons s'enchaineront saluant ta patience,
En ta force et ton envie, j'ai une totale confiance,
Tu ne seras plus jamais le même mais dans le ciel dès demain,
Son étoile t'éclairera pour te montrer le chemin.
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Re: {POESIE} oeuvres des grands poètes de ce monde

Messagepar Luna Lupin » 26 Sep 2012, 20:04

C'est mal foutu la mort,le sommeil, tout ça. On devrait pouvoir, comme les machines, appuyer sur un interrupteur pour mourir de temps en temps et pour quelque temps. Plus que de dormir, vraiment mourir, déconnecter les rêves, la somnolence, les spasmes, éteindre. S'éteindre tout seul parce que l'on sait que le sommeil ne suffira pas, que l'aube arrivera trop vite. Clic! plus rien, mort.
Il y a bien des gens qui savent presque, en respirant bien, appuyer sur leur interrupteur pour se soulager sans faire flamber la gueule instinctivement; moi je n'y arrive pas. Des gens magnifiques et bien intentionnées (peu) essayent de m'apprendre le truc de l'interrupteur élastique, respirer, se détendre, lâcher prise. Je sens bien qu'il va me falloir maîtriser cet art élastique rapidement, infléchir doucement la courbe caoutchouteuse de mes nerfs sans les tordres systématiquement.
Sinon CLAC, juste un petit truc qui bascule.

Mathias Malzieu, 38 mini Western avec des fantômes.

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Re:

Messagepar Fajria » 22 Jan 2013, 22:16

Gryff'Alexol a écrit:Ce poeme m'a emu:

Comme on voit sur la branche au mois de Mai la rose
En sa belle jeunesse, en sa première fleur
Rendre le ciel jaloux de sa vive couleur,
Quand l’Aube de ses pleurs au point du jour l’arrose :

La grâce dans sa feuille, et l’amour se repose,
Embaumant les jardins et les arbres d’odeur :
Mais battue ou de pluie, ou d’excessive ardeur,
Languissante elle meurt feuille à feuille déclose :

Ainsi en ta première et jeune nouveauté,
Quand la terre et le ciel honoraient ta beauté,
La Parque t’a tuée, et cendre tu reposes.

Pour obsèques reçois mes larmes et mes pleurs,
Ce vase plein de lait, ce panier plein de fleurs,
Afin que vif, et mort, ton corps ne soit que roses.

Ronsard



Du même Auteur

Mignonne, allons voir si la rose
Qui ce matin avoit desclose
Sa robe de pourpre au Soleil,
A point perdu ceste vesprée
Les plis de sa robe pourprée,
Et son teint au vostre pareil.

Las ! voyez comme en peu d'espace,
Mignonne, elle a dessus la place
Las ! las ses beautez laissé cheoir !
Ô vrayment marastre Nature,
Puis qu'une telle fleur ne dure
Que du matin jusques au soir !

Donc, si vous me croyez, mignonne,
Tandis que vostre âge fleuronne
En sa plus verte nouveauté,
Cueillez, cueillez vostre jeunesse :
Comme à ceste fleur la vieillesse
Fera ternir vostre beauté.
"la gloire n'est pas de ne jamais tomber mais de se relever à chaque fois"
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Re: {POESIE} Oeuvres des grands poètes de ce monde

Messagepar Acatalectique » 24 Jan 2013, 10:23

De Guillevic (il est TRES long ... donc j'ai mis que des extraits)

Suppose

Que la fleur soit si drue
Que c'est trop de défi
Et que je te demande
De m'apprendre à la voir
Sans penser que c'est nous
Que sa mort atteindra.

Suppose

Que le chêne refuse
Nos corps contre son tronc
Et que je te demande
Que nous lui chantonnions
Le chœur de ses racines
Étouffé dans ses feuilles.

Suppose

Que dans l'air chaud le blé
Parle encore de toi
Et que je te demande
D'aller lui rapporter
Que j'en sais davantage
Mais que j'aime écouter.

Suppose

Que tu m'ouvres les bras
Pour fêter le matin
Et que je te demande
De ne pas me garder
Tant que je ne sais pas
Cerner mes cauchemars.

Suppose

Que nous ne soyons pas
Si contents de nous-mêmes
Et que je te demande
De rappeler à nous
Ces moments où j'ai lu
La gloire dans tes yeux.

Suppose

Que le ciel soit trop près
De nos corps extasiés
Et que je te demande
De lui faire accepter
Que nous ne voulons pas
L'avoir comme témoin.

Suppose

Que la lune apparaisse
Quand nous ne voulons pas
Et que je te demande
De tout accepter d'elle
Pour qu'elle aille sa route
Et nous laisse à nous-mêmes.

Suppose

Que ce soit le rocher
Qui frappe à notre porte
Et que je te demande
De le laisser entrer
Si c'est pour nous conter
Le temps d'avant le temps.

Suppose

Que tout, sous nos regards,
Soit pris d'un tremblement
Et que je te demande
De garder notre calme,
Tout en faisant semblant
De trembler comme eux tous.

Suppose

Que je coupe la terre
En deux parties égales
Et que je te demande
Laquelle tu choisis,
Celle où je sombrerai,
Celle qui voguera.

Suppose

Que la nuit ait envie
De te prendre pour reine
Et que je te demande
De lui faire accepter
Qu'elle ait à se venger
Sur moi de ton refus.

Suppose

Que du noir au dehors,
Croit nous avoir fait peur
Et que je te demande
De lui faire savoir
Que ce que nous craignons
Est le noir en nous-mêmes.

Suppose

Que l'horloge s'arrête
En éclatant de rire
Et que je te demande
De lui dire que rien
N'est changé pour cela
A ce que fait le temps.

Suppose

Qu'un cuivre nettoyé
Se transforme en orchestre
Et que je te demande
De lui faire accepter
Que nous aimons bien mieux
L'accord de son silence.

Suppose

Que sans raison la porte
Se fracasse à nos pieds
Et que je te demande
Si ta peur est plus grande
Depuis que le silence
A lâché sa menace.

Suppose

Que l'espace en courroux
Veuille nous séparer
Et que je te demande
De répéter mon nom,
De le crier toujours
Dans le tohu-bohu.

Suppose

Que la pluie te raconte
Qu'elle envahit la terre
Et que je te demande
De voir à travers moi
Que le soleil la gifle
Et la fait remonter.

Suppose

Que le train nous déverse
Dans quelque terrain vague
Et que je te demande
D'effacer de ce ciel
Ce qui se reproduit
Dans tant de cauchemars.

Suppose

Que je n'aie rien à faire
Que d'attendre la nuit
Et que je te demande
De vouloir qu'elle arrive
Avec tout le retard
Que l'on peut mettre à vivre.

Suppose

Que l'univers entier
Ne soit plus que terreur
Et que je te demande
D'user de tes regards
Pour qu'au moins la prairie
Cède à notre sourire.

Suppose

Que pour moi l'étendue
Soit de l'ordre du cri
Et que je te demande
De ramener son règne
A la plainte habitant
Le creux des coquillages.

Suppose

Que la mer ait envie
De nous voir de plus près
Et que je te demande
D'aller lui répéter
Que nous ne pouvons pas
L'empêcher d'être seule.

(...) Suppose

Que la nuit me rejette
Quand je suis sans refuge
Et que je te demande
De me garder à toi
Pour affronter le noir
Sans redouter sa haine.

Suppose

Qu'il parle trop ce chêne
Où nous avons appui
Et que je te demande
D'obtenir qu'il se charge
Tout seul de son secret,
Pas plus lourd que le nôtre.

Suppose

Que le soleil couchant
S'en aille satisfait
Et que je te demande
D'aller lui réclamer
Ce qu'il doit nous payer
Pour sa journée de gloire.

Suppose

Que cet arbre et ce mur
M'imposent de les voir
Et que je te demande
De me donner la force
De passer devant eux
En ne voyant que toi.

Suppose

Que le jour et la nuit
Confondent leurs horaires
Et que je te demande
De m'aider à trouver
Comment faire un matin
Quand il n'y en a pas.

Suppose

Que le soleil se mette
A envahir la terre
Et que je te demande
D'être avec moi la glèbe,
La mer et le soleil
Pour la dernière fois.

Suppose

Que nous soyons devant
La bougie allumée
Et que je te demande
Si tu comprends pourquoi
Nous en avons besoin
Pour nous réinventer.

Suppose

Que le lit nous ramène
A nos trois dimensions
Et que je te demande
D'accepter avec moi
Que nous le reprenions
Comme aire de départ.

(...)


J'ai eu énormément de mal à couper. :roll:
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Re: {POESIE} Oeuvres des grands poètes de ce monde

Messagepar Fajria » 24 Jan 2013, 16:23

:shock: C'est juste magnifique, j'ai même versé une petite larme tellement c'est beau! Je ne connaissais pas du tout mais je suis ravie de le découvrir :clap:
Merci Acatalectique pour la découverte! :D
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Re: Poèmes tristes, gores, et déprimants

Messagepar Arnold » 26 Avr 2013, 12:27

Je veut vous faire partager ce magnifique poème de William Ernest Henley...ce poème est en faite une puissante prière.. un puissant sort! :mrgreen:
Invictus
Depuis l'obscurité qui m'envahit,
Noire comme le royaume de l'enfer,
Je remercie les dieux quels qu'ils soient
Pour mon âme indomptable.

Dans l'étreinte féroce des circonstances,
Je n'ai ni bronché ni pleuré
Sous les coups de l'adversité.
Mon esprit est ensanglanté mais inflexible.

Au-delà de ce monde de colère et de larmes,
Ne se profile que l'horreur de la nuit.
Et pourtant face à la grande menace
Je me trouve et je reste sans peur.

Peu importe combien le voyage sera dur,
Et combien la liste des châtiments sera lourde,
Je suis le maître de mon destin,
Je suis le capitaine de mon âme.
Arnold Bondupois Membre du B.R.A.S.
Brigade de Réparation des Accidents de Sorcellerie.


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Re: {POESIE} Oeuvres des grands poètes de ce monde

Messagepar Tappu Nottep » 19 Mai 2013, 20:46

Ayant assisté à une belle lecture de ses poèmes hier au CHRD de Lyon, j'avais envie de partager ici un texte de Paul Celan (1920 – 1970), poète de langue allemande d'origine roumaine dont l’œuvre est profondément marquée par la seconde guerre mondiale. A la question de l'incommunicabilité du philosophe Adorno, qui se demandait s'il était possible de parler de l'expérience de la Shoah, et s'il n'était pas barbare d'écrire de la poésie après Auschwitz*, l’œuvre de Celan, fruit d'un travail existentiel et douloureux, peut faire figure de réponse.

C'est un poète magnifique, mais assez obscur si on l'aborde sans avoir été un peu initié à son œuvre, et surtout quand on ne lit pas l'allemand : il travaillait énormément sur la richesse sémantique des mots et la multiplicité de leurs significations, dans un mode d'expression intime et très elliptique. Sa poésie est donc difficile d'interprétation, et défie d'autant plus tout travail de traduction.

J'ai choisi celui-ci car il me semble assez abordable, de par la relative transparence de son sens et de ses références : "Chanson einer Damen im Schatten", du recueil Mohn und Gedächtnis (Pavot et Mémoire), 1952.

*= je précise, par souci de ne pas trop déformer le propos d'Adorno et de ne pas simplifier excessivement cette présentation lapidaire, que celui-ci est revenu sur cette question, et que sa déclaration n'est pas à prendre au pied de la lettre, mais plutôt comme un questionnement sur l'état de la culture après un évènement pareil et sans précédent. Par ailleurs, il est fort douteux de considérer que la poésie puisse constituer une réponse, au sens d'une démonstration ; mais la poésie de Celan a beaucoup été étudiée selon cet éclairage, au regard de la formule de Adorno, et si elle n'est pas à proprement parler une réponse à la pensée de ce dernier, encore moins une façon de le contre-dire, elle interroge, par une voie différente, les conséquences du même évènement. La mise en rapport des deux ne me paraît pas inintéressante, quoique leur confrontation, comme autant de théories divergentes, soit complètement abusive. Enfin bref !


Wenn die Schweigsame kommt und die Tulpen köpft:
Wer gewinnt?
Wer verliert?
Wer tritt an das Fenster?
Wer nennt ihren Namen zuerst?

Es ist einer, der trägt mein Haar.
Er trägts wie man Tote trägt auf den Händen.
Er trägts wie der Himmel mein Haar trug im Jahr, da ich liebte.
Er trägt es aus Eitelkeit so.

Der gewinnt.
Der verliert nicht.
Der tritt nicht ans Fenster.
Der nennt ihren Namen nicht.

Es ist einer, der hat meine Augen.
Er hat sie, seit Tore sich schliessen.
Er trägt sie am Finger wie Ringe.
Er trägt sie wie Scherben von Lust und Saphir:
er war schon mein Bruder im Herbst;
er zählt schon die Tage und Nächte.

Der gewinnt.
Der verliert nicht.
Der tritt nicht ans Fenster.
Der nennt ihren Namen zuletzt.

Es ist einer, der hat, was ich sagte.
Er trägts unterm Arm wie ein Bündel.
Er trägts wie die Uhr ihre schlechteste Stunde.
Er trägt es von Schwelle zu Schwelle, er wirft es nicht fort.

Der gewinnt nicht.
Der verliert.
Der tritt an das Fenster.
Der nennt ihren Namen zuerst.

Der wird mit den Tulpen geköpft.


Et sa traduction par Jean-Pierre Lefebvre :

Chanson d'une dame dans l'ombre

Quand la Taciturne vient décapiter les tulipes:
Qui gagne?
Qui perd?
Qui va à la fenêtre?
Qui dit le premier son nom?

Il y a un qui porte mes cheveux.
Il les porte comme on porte des morts dans ses bras.
Il les porte comme le ciel portait mes cheveux l'année où j'aimais.
Il les porte par vanité de la sorte.

Celui-là gagne.
Celui-là ne perd pas.
Celui-là ne va pas à la fenêtre.
Celui-là ne dit pas son nom.


Il y en a un qui a mes yeux.
Il les a depuis que des portails se ferment.
Il les porte au doigt comme des bagues.
Il les porte comme des brisures de plaisir et des saphir:
Il était déjà mon frère à l'automne,
Il compte déjà les jours et les nuits.

Celui-là gagne.
Celui-là ne perd pas.
Celui-là ne va pas à la fenêtre.
Celui-là dit son nom en dernier.

Il y a un qui a ce que j'ai dit.
Il le porte sous le bras comme un ballot.
Il le porte comme l'horloge porte sa plus mauvaise heure.
Il le porte de seuil en seuil, il ne le jette pas.

Celui-là ne gagne pas.
Celui-là perd.
Celui-là va à la fenêtre.
Celui-là nomme le premier son nom.


Celui-là, avec les tulipes, sera décapité.
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Re: {POESIE} Oeuvres des grands poètes de ce monde

Messagepar Lilyrose » 15 Aoû 2013, 09:00

Je ne connais pas bien Paul Celan mais j'imagine bien que ça peut être une "réponse" au 1e Adorno de l'incommunicabilité. Mais si sa poésie est si peu abordable, si elle creuse autant la langue allemande comme pour y trouver la source de la Shoah, un "pourquoi" et qu'il se détache autant du langage ordinaire, c'est aussi une façon de se rapprocher et de confirmer l'intuition d'Adorno. Mais ça me donne envie d'en lire plus. :)

Pour ma part, je reste dans l'ambiance préraphaélite en vous présentant un très beau poème de Dante Gabriel Rossetti. Ses poèmes ne sont pas encore traduis en France et, pourtant, ils sont de qualité ! J'ai découvert ce poème grâce à la série Desperate Romantics où il est lu joliment par Rossetti (Aidan Turner) à Elizabeth Siddal, sa Muse. Il faut savoir que lorsque Siddal est morte, il a enterré avec elle tous ses poèmes pour enfin se faire persuader par William Morris de les déterrer et de les publier des années plus tard.

SUDDEN LIGHT

By D.G. Rossetti

I HAVE been here before,
But when or how I cannot tell:
I know the grass beyond the door,
The sweet keen smell,
The sighing sound, the lights around the shore.

You have been mine before,—
How long ago I may not know:
But just when at that swallow’s soar
Your neck turned so,
Some veil did fall,—I knew it all of yore.

Has this been thus before?
And shall not thus time’s eddying flight
Still with our lives our love restore
In death’s despite,
And day and night yield one delight once more?


La lecture du poème dans Desperate Romantics
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Re: {POESIE} Oeuvres des grands poètes de ce monde

Messagepar Pantalaemon » 16 Déc 2013, 21:11

Ce n'est pas un "grand poète", dans le sens que ce qualificatif est généralement refusé aux auteurs contemporains... Mais, il y a quelques mois, j'étais tombé sur un texte de Rudy Francisco et je l'avais beaucoup aimé. Aujourd'hui, j'ai eu envie de réécouter le texte et puis j'ai enchaîné sur un autre. Et j'ai eu envie de les partager, ces deux vidéos plus quelques autres.

Certains savent que je fais partie d'un groupe de poésie et que je prends part, régulièrement, à des soirées de Slam et de lecture de textes ; j'ai vraiment appris à aimer ce style, j'ai compris à quel point un poème qui doit être lu est différent d'un poème qu'on doit lire...

Je m'excuse d'avance, ces textes sont en anglais.

A Lot Like You, by Rudy Francisco > Vidéo (Le jour où je demande quelqu'un en mariage, rappelez moi d'introduire la demande par ce poème).
Spoiler (cliquez pour révéler) :
 


Scars/To the New Boyfriend, by Rudy Francisco > Vidéo
Spoiler (cliquez pour révéler) :
 


OCD, by Neil Hilborn > Vidéo (STFR)
Spoiler (cliquez pour révéler) :
 


To Excess, performed by Jose Llana > Vidéo Celle-ci est presque plus une chansons déjà... Je l'aime largement moins que les textes précédents, mais je le trouve fun.
Spoiler (cliquez pour révéler) :
 


Je finis avec un texte très spécial, puisque c'est le premier que j'ai entendu ici à St Andrews. L'auteur était alors présidente du club de poésie dont je fais partie ; elle en est toujours membre, je la vois encore régulièrement puisqu'on partage les mêmes cours, et j'admire énormément ses textes. Elle est championne d'Écosse de Slam et a terminé 4è au championnat du monde à Paris.
Texas, I can't bring you to parties anymore, by Carly Brown > Vidéo, autre vidéo avec une (mauvaise) traduction en français lors du championnat du monde. Malheureusement, il n'existe pas de version écrite de ce texte sinon dans la deuxième vidéo, pour ceux qui comprennent mieux l'anglais à l'écrit.

Je me suis dit que ça changerait un peu de style et que ça permettrait peut-être à certains de découvrir une envie qu'ils ignoraient jusqu'alors de se rendre dans un café pour entendre des gens lire leurs textes.
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